- Dis Takara, ça fais combien de temps qu'on est ensemble maintenant ?demanda Kei le regard tourné vers le ciel.
- Hmm...attend, fit Takara sans lever les yeux de son livre, le bal était fin juin et nous sommes bientôt fin juillet, je dirais donc environ trois semaines pourquoi?
- Non comme ça... je trouve que le temps passe vite c'est tout, dit il en se recouchant dans l'herbe.
<< Oui le temps passe très vite >> pensa Takara. En trois semaines, ses relations avec Kei avaient beaucoup évoluées par contre avec sa meilleure amie rien n'avait changé. Elles devaient pourtant faire un exposé mais rien n'y faisait elle l'évitait quand même.Le vrai changement était avec son professeur. Les deux femmes parlaient plus souvent ensemble et pendant les heures de philosophie, Takara prenait plus la parole ce qui lui plaisait fortement et elle le lui faisait bien évidemment savoir.
Taraka referma son livre, se releva difficilement et rangea ses affaires éparpillées un peu partout sur le gazon. Elle embrassa son petit ami mais quand elle voulu s'éloigner il lui attrapa le poignet.
- Où vas-tu ?la questionna t'il.
- Je vais retrouver Usagi à la cafétéria, cela fait longtemps qu'on ne s'était plus parlées.
- C'est vrai, elle reste toujours avec son petit ami, fit Kei en souriant. Aller, file princesse.
- Ciao ciao, fit elle en l'embrassant sur la joue.
En la regardant s'éloigner, il l'a vit rougir au surnom qu'il lui avait donné même si elle en avait maintenant l'habitude avec lui.
Elle eu un pincement au coeur en repensant à son amie Usagi. Oui c'était vrai, depuis qu'elle avait un petit ami, elle passait quasiment tout son temps avec lui. Son amie ne le faisait pas exprès mais elle se sentait délaissé même si Kei était très souvent avec elle.
Elle secoua la tête. Penser à ce genre de chose n'allait pas la mettre de bonne humeur. Elle tourna au bout du couloir qui la menait vers la bibliothèque. Elle voulait aller rendre le livre qu'elle venait de finir quand elle fut bousculée par un groupe de filles qui n'avaient vraiment pas l'air de l'apprécier. Elle allait répliquer quelque chose quand elle reconnu Rei parmi cette bande. Elle du la fixer un bon moment puisque des chuchotements retentirent et une des filles s'avança vers elle.
- Qu'est-ce que t'as à la mater, elle est peut-être à ton goûts? lui demanda t'elle en la défiant du regard.
- Laisse tomber Miyako, aller viens on s'en va, fit Rei en la prenant par l'épaule.
Takara resta la interdite devant le comportement de son amie. Elle soupira et repris sa marche.
Comment est-ce que quelqu'un pouvait changer à ce point? bien sur elle savait qu'elle aussi avait énormément changé. Elle avait maintenant beaucoup plus de facilité à parler aux gens qu'elle ne connaissait pas et était beaucoup moins timide qu'avant mais Rei quand à elle était devenu l'opposé de se qu'elle était il y a quelque mois.
Elle arriva devant le bureau de la bibliothécaire mais personne n'était là. Elle s'assit et attendit un petit moment.
Quand elle vit que la femme n'était pas prête d'arriver, elle décida d'aller choisir un livre qu'elle pourrait lire dans la soirée. Elle s'attarda dans les rayons des auteurs anglais. Elle adorait beaucoup la littérature anglaise et cette langue la passionnait beaucoup.
Elle lut a voix haute :
- Maurice de E.M Foster dit elle.
- Un excellent livre, fit une voix derrière elle.
Elle se retourna pour faire face à son professeur. Mlle Keiko lui sourie et lui prit le livre des mains.
- Ce roman traite sur l'homosexualité au début du XX siècle. Je vous le conseil si vous aimez le genre " romantique", fit Mlle Keiko en lui rendant le livre.
- Merci, lui répondit Takara, je l'ai pris au hasard mais je crois que je vais l'emporter chez moi.
Elles continuèrent de discuter de tout et de rien jusqu'a se que la cloche sonne.
Takara soupira, elle avait complètement oublié son amie. Elle salua son professeur et quitta la bibliothèque. Elle n'avait pas d'heure pour le moment et son amie non plus. Elle se doutait bien qu'elle devait être dehors par un si beau temps.
Elle courut jusqu'au parc, et retrouva son amie toute essoufflée.
- Hm, c'est maintenant que tu te souviens de moi ? Lui dit Usagi d'un air accusateur.
- Oh fais pas ta mauvaise tête, j'étais à la biblio c'est pour ça, lui répondit elle en lui faisant la bise.
Pendant que les deux amies discutaient tranquillement, de l'autre côté du lycée une femme attendait appuyée contre un mur, une cigarette dans la bouche, son ancienne petite amie.
Quand elle l'aperçu au loin, un sourire vint fleurir sur ses lèvres.
- Hé Keiko ! fit elle en retirant ses lunettes de soleil.
- Non mais je rêve ! s'exclama celle-ci sans même lui accorder un regard.
- Hey ! dit la femme en attrapant le bras de Keiko, on n'a pas terminé notre discussion.
- Je t'avais dis que je reviendrais non ? fit elle en essayant de l'embrasser.
- Tu ...
Mais Mlle Keiko fut coupé par l'arrivé de Nana qui bouscula son ancienne copine et sans même s'excuser s'adressa directement à elle.
- Bonjour Mlle Keiko! Belle journée n'est-ce pas? fit la jeune fille en souriant .
- Euh ...Oui, lui répondit Keiko en bégayant.
- Mademoiselle, vous deviez me faire mon cours de rattrapage aujourd'hui, vous ne vous en souvenez pas? lui demanda Nana.
- Hé sale gosse, tu ne voyais pas qu'on discutait? S'exclama hargneusement la jeune femme.
- Pardon mais vous êtes? Je ne crois pas que vous soyez un professeur ou un surveillant de ce lycée si mes souvenirs sont exacts. Vous n'avez rien a faire ici lui dit Nana en la regardant dédaigneusement.
- Sale ...
- Tais toi, elle a raison, apostropha Keiko, tu n'as rien à faire ici, dégages !
La jeune femme ne dit rien et s'en alla en pestant contre Keiko et Nana. La jeune étudiante la regarda partir jusqu'à ce qu'elle passe les grilles du lycée et fit face à son professeur à qui elle adressa un magnifique sourire.
- Je crois que je suis arrivée au bon moment, n'est-ce pas ? Lui demanda la jeune fille.
- Euh, oui effectivement, mais comment savais-tu que j'étais dehors?
- Et bien je vous ai vu sortir de la bibliothèque et je voulais vous parler.
- A bon et à quel sujet ? Lui demanda Keiko tout en montant les escaliers.
- Et bien depuis notre discussion au bal, une question me revient sans cesse à l'esprit. Comment est-ce que votre ancienne compagne avait pu vous trouvez ?!
- Oh tu sais Nana, avec cette femme je ne me pose même plus de question. Comme tu le sais elle est malade, elle pense que je lui appartient et je crois que je m'en suis rendu compte trop tard de ça. Mais bon Nana je préfère qu'on arrête de parler de toute cette histoire, tu sais ressasser ses vieux souvenir ...
- Je comprend, ajouta la jeune fille en souriant.
La cloche sonna et les deux femmes se quittèrent pour aller dans leur classe. Keiko pour donner un cours et Nana pour suivre le sien.
Keiko fit entrer ça classe et déposa ses affaires sur son bureau. Elle s'assit sur sa chaise et attendit que tout les élèves se soient installés et que les dernières discutions aient cessés.
Elle sourie quand il y eut enfin le calme, se racla la gorge et fit l'appel.
- Bien tout le monde est là. Aujourd'hui ce n'est pas un cours comme d'habitude ! Commença t-elle en ouvrant la fenêtre pour aérer la classe. Le directeur a décidé qu'aujourd'hui nous devrions parler de la discrimination, n'importe laquelle, celle qui vous répugne le plus même. Quelqu'un a-t-il une idée ?
- L'homosexualité, dit un jeune homme au fond de la salle.
- D'accord, alors quelqu'un a-t-il un avis sur l'homosexualité à nous faire partager? fit elle en s'appuyant contre son bureau.
- C'est abjecte, fit Rei en fixant Takara dans les yeux.
- D'accord, est-ce que tu pourrais développer ?lui demanda Mlle Keiko.
- Bien sur, les homosexuels sont des erreurs de la nature !franchement pourquoi est-ce que Dieu aurait crée l'homme et la femme pour que des êtres humain du même sexe s'aiment ? Ça n'a pas de sens, je pense que ce genre de chose ne devrait pas être toléré dans notre pays et dans le monde.
Ces gens là doivent être tué !s'exclama t- elle sans quitter des yeux Takara.
- Mais c'est immonde se que tu dit! répliqua Takara choquée par le discours de son amie. Comment est-ce que tu peux penser que pour cette raison des êtres humains doivent être tuer ?!
- Je ne le pense pas, je le crois dur comme fer. Ce ne sont pas des êtres humains, se sont des animaux. Ils n'ont même pas de sens moral, une femme avec une femme c'est dégoûtant dit elle.
Dans toute la classe des murmures s'élevèrent, tous avaient un avis différent mais les propos de Rei les avaient plus ou moins choqué. Melle Keiko quand à elle avait une envie folle de gifler cette gamine insolente mais elle n'en laissait rien paraître.
- Je vois...quelqu'un d'autre peut-être ? Oui Takara ?fit elle en souriant à son élève.
- Je trouve que détester des gens ou bien les insulter pour leurs préférences est un acte complètement idiot. Nous faisons nous juger parce que nous avons les yeux bridés ? Non ! Alors pourquoi juger des gens sur leurs façon d'aimer ? fit la jeune fille.
- N'importe quoi ! Réfléchis bon sang, pourquoi est-ce qu'on aimerait quelqu'un du même sexe ?! C'est ça qui est débile, c'est dégueulasse, ouvre les yeux ! s'exclama Rei.
- Mais c'est à toi d'ouvrir les yeux, tu as entendu tes propos ?c'est ça qui est horrible !il n'y a même pas quelque jours on parlait des Juifs et toi tu penses la même chose que ces nazis!c'est toi l'être abjecte et personne d'autre ! Toi et tout ceux qui pensent comme toi !rétorqua Takara hors d'elle.
- Peut-être mais moi au moins je ne suis pas une bâtarde, lui dit Rei tout en souriant.
- Pardon ?fit Takara bouche bée.
- Tu m'as très bien compris, maintenant reste à poser les bonnes questions aux bonnes personnes.
- Bien, fit Keiko en tapant des mains, je crois qu'on va changer de sujet d'accord jeunes gens ?
L'heure de cours se termina dans une ambiance assez tendue. Keiko ne pouvait pas croire que de jeune gens de cet age puissent penser a des choses de se genre.
Takara elle ne comprenait plus la jeune fille qui lui servait de meilleure amie. Comment avait elle pu dire tout cela alors que elle l'avait embrassé il y a quelque temps, comment une personne pouvait changer si rapidement, mais surtout la phrase qu'elle avait dit l'intriguait énormément. Les larmes aux yeux elle suivit ces amies.
Kyo qui avait remarqué la tristesse et toute la colère dans les yeux de son amie, proposa de la raccompagner vue que Kei avait un entraînement de natation. Sur le chemin du retour, ils ne s'adressèrent pas la parole.
Depuis un certain temps, les deux jeunes gens avaient appris à garder le silence dans des moments comme celui-ci.
Arrivés à la porte de la maison de Takara, Kyo lui claqua deux bisous sur les joues et lui sécha ses larmes.
<< Merci >> murmura la jeune fille, << Mais de rien >> lui répondit son ami. Il attendit qu'elle soit rentrer chez elle pour enfin s'éloigner et rentrer chez lui.
Dès qu'elle fut dans sa maison, elle déposa ses affaires et se dépêcha d'aller dans la cuisine.
- Maman, dit Takara.
- Oui ma chérie? Lui répondit sa mère en fermant le frigidaire.
- J'ai parlé à Rei aujourd'hui.
Sa mère haussa les épaules et la laissa continuer son récit.
- Elle m'a sortit " Moi au moins je ne suis pas une bâtarde ! ". Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Lui demanda Takara.
Sa mère qui découpait un oignon s'arrêta et fixa sa fille.
- Elle ne t'as rien dit de plus ? demanda sa mère.
- Non.
- Bien.
- Mais maman...s'exclama Takara.
- Il n'y a pas de mais, ton amie a du se tromper ne fait pas attention à se qu'elle te dit, lui répondit sa mère froidement.
- Bien...fit la jeune fille en soupirant, où est Papa ? demanda t'elle.
- Il est partit à Tokyo pour une affaire, ajouta sa mère.
- D'accord, je vais monter dans ma chambre dans se cas.
Et sans attendre de réponse, elle quitta la cuisine. Sa mère s'écroula sur une chaise et essaya d'arrêter les tremblement de sa main comme le elle pouvait mais la déclaration de sa fille lui avait rappeler de mauvais souvenir.
Elle se releva difficilement et remis son masque de parfaite épouse mais au fond de ses yeux on pouvait y lire une souffrance indéfinissable.
Sur la terrasse d'un restaurant très chic, un jeune homme attendait son rendez-vous.
- Tu es en retard, fit il sans détourner son regard de la vue splendide qu'il avait depuis sa table.
- Depuis le temps, tu devrais me connaître, fit l'autre personne en s'asseyant, le trajet de là-bas jusqu'ici est très long.
- Tu n'as cas partir plus tôt, rétorqua le jeune homme. Alors que me voulais tu Papa ?!
- Pas de sarcasme avec moi, tu l'as vu n'est-ce pas ? demanda l'homme en prenant sa commande.
- De quoi tu parles ? fit le jeune homme en souriant.
- N'essaye pas de jouer au plus malin avec moi ! Répond à ma question lui dit l'homme irrité.
Le jeune homme haussa les épaules et lui répondit :
- Oui je l'ai vu, mais ne t'inquiète pas je ne lui ai pas adressé la parole.
- Bien, alors comment vas-tu fils? Et ton étrangère ? Lui demanda l'homme.
- Et bien Père, fit le jeune homme ironiquement, je vais bien et je te rappel que ma fiancée à un prénom mais cessons de tourner autour du pots, depuis le temps je te connais n'est-ce pas, demanda t- il en souriant, alors que me veux-tu ?
- Que tu quittes le pays, annonça l'homme sans lever les yeux sur son fils.
- Je vais te dire quelque chose père, susurra le jeune homme, tu as peut-être réussi à m'éloigner de sa vie mais ne t'attends pas à ce que je quitte le pays, tu m'as bien compris j'espère.
- Tu n'as pas le choix, fit l'homme en se versant un verre de vin.
- C'est toi qui n'as pas le choix père !maintenant je vais te laisser et sache que une surprise t'attends.
- Une surprise ? demanda l'homme.
Le jeune homme ne prit même pas la peine de répondre et quitta le restaurant le sourire aux lèvres.
<< Mon très cher père, si tu savais quel magnifique surprise t'attends >> et sur ces dernières pensées il monta sur sa moto et mit le contact.
A plus de cinquante kilomètres de là, Takara était allongé sur son lit les bras en croix, à tenter de dormir mais n'y parvenait pas. Elle se releva pour la cinquième fois pour s'asperger de l'eau sur le visage.
La phrase de Rei ne cessait pas de passer en boucle dans sa tête. Qu'est-ce qu'elle voulait entendre par là ? Savait-elle une chose qui la concernait et qu'elle même ne connaissait pas ? Ou bien était-ce juste un autre moyen pour la déstabiliser ?
Elle soupira une énième fois et mit la tête sous l'oreiller. Elle était fatiguée, toutes ces émotions fortes l'avait vidé de toute son énergie et pourtant Morphée ne voulait pas d'elle.
Elle allait se relever quand la sonnerie de son téléphone portable la fit sursauter. Elle ramassa son sac qui se trouvait au bout de son lit mais la sonnerie s'arrêta. Elle prit son portable et vit que c'était Kei qui venait de l'appeler.
Elle allait le remettre dans son sac quand elle reçu un message :
" Coucou ma chérie, Usagi m'a raconté ce qui s'est passé en cours.
Désolé de ne pas avoir été là, j'ai hâte de te voir mon coeur.
Bisous, je t'aime. "
Elle soupira encore une fois, Kei était un garçon merveilleux mais elle savait qu'elle le rendait malheureux, jamais elle ne lui avait dit je t'aime mais comment dire ces choses là si elle ne savait pas se que c'était ? Son coeur voulait quelqu'un mais qui ? Son corps désirait celui de Keiko mais était-elle vraiment lesbienne ?
Et pourtant la présence de Kei la rassurait toujours, elle aimait être dans ces bras, elle aimait quand il l'embrassait et surtout elle ressentait une joie immense quand il lui disait qu'il l'aimait.
Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de l'utiliser comme une éponge à chaque fois qu'elle allait mal et pourtant elle ne pouvait pas faire autrement. Elle se sentait chaque jour de plus en plus sale et égoïste.
Elle se leva de son lit péniblement et se regarda dans la glace, un pale sourire se dessina sur son visage. Elle secoua la tête, prit son manteau et descendit les escaliers.
- Maman, je vais voir quelqu'un, hurla t'elle a l'entrée.
Elle prit la porte et partit voir cette personne qui lui faisait tellement douter de tout.

