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# Posté le mercredi 06 décembre 2006 09:57

Modifié le mercredi 06 décembre 2006 12:42

Amour, Danger et Trahison : Dixième chapitre

Amour, Danger et Trahison : Dixième chapitre
Amour, Danger et Trahison : Dixième chapitre

Elle sortit en courant de chez elle et se dirigea vers son garage. Elle y prit ses ustensiles de jardinage et commença à travailler sur sa roseraie. La journée promettait d'être superbe.

A quatorze heures le soleil était haut dans le ciel et une légère brise soufflait.
Elle s'arrêta à quinze heures trente quand la faim se fit sentir. Elle se leva et marcha tranquillement jusqu'à sa porte d'entrée profitant des rayons de soleil qui réchauffaient sa peau. Elle se fit un sandwich qu'elle dévora rapidement et prit une bouteille d'eau qu'elle but d'une traite.

Elle prit un de ses livres qui traînait dans la cuisine et se laissa tomber sur un pouf.
Elle ne voulait pas retourner travailler tout de suite alors elle termina le " Da Vinci Code " qu'elle avait commencé la veille. Elle se rendit compte très vite qu'elle ne faisait que relire la même phrase depuis une bonne quinzaine de minutes, alors elle se releva et soupira bruyamment.
Elle balança le livre dans un coin et monta à l'étage dans son bureau.
Elle alluma son ordinateur et pendant qu'il démarrait tranquillement, fit pivoter sa chaise et regarda le mur où ses diplômes avaient été accrochés.

Elle avait été diplômée de deux grandes écoles. Une à Tokyo et une autre à Londres.
Elle n'en était pas fière, non, en fait elle s'en moquait. Elle avait tout simplement réussi à continuer et terminer ses études malgré le fait qu'elle n'était plus la même à ce moment là.
Elle fit pivoter une nouvelle fois sa chaise et double cliqua sur le logo d'E. Une page Internet s'ouvrit alors elle tapa sa recherche dans l'endroit indiqué.

Au bout de quelques secondes la recherche s'afficha. Elle prit une feuille et un stylo et nota l'adresse du site.
Elle éteignit l'écran de son ordinateur et sortit de la pièce pour se diriger dans une autre. Elle défit le chignon qu'elle s'était faite quand elle taillait ses roses et essaya du mieux qu'elle pu de défaire les noeuds qui s'y étaient formés.

Vingt minutes passèrent. Elle releva enfin la tête pour faire face à son reflet, fit un pauvre sourire qui disparut aussi tôt, essuya rageusement l'unique larme qui coulait et quitta la salle de bain en fermant violemment la porte.

Elle avait besoin de s'occuper, d'oublier, de ne plus penser. Aucune image ne devait infiltrer son esprit. Elle tapa du poing contre le buffet de la cuisine et se prit la tête entre les mains. Se balança d'avant en arrière en chuchotant une chanson. Soudain elle se leva. Elle n'en pouvait plus.

Elle n'était plus elle-même.

Elle ressortie prendre l'air. Elle tendit les bras en l'air et respira bruyamment, la brise balayant ses cheveux.
Elle resta ainsi jusqu'à ce qu'une sonnette de vélo la fasse sursauter. Elle regarda le groupe d'enfant qui descendit le long de la rue en riant et criant des sottises.

Elle sourie, non pas que cette scène la touche ni même qu'elle la fasse rire, non, elle sourie tout simplement en se disant que même quand elle allait mal le monde n'allait pas arrêter de tourner pour autant.

Soudain une jeune fille apparut, marchant en souriant et saluant des personnes au passage.
Elle ne lui ressemblait pas. Pourtant sa façon de marcher, sa façon de rayonner, l'aura qui émanait d'elle, ses yeux, sa bouche, ses cheveux, tout lui fit penser à elle.

Elle eut très peur. Son sang se glaça dans ses veines. Ses yeux étaient comme révulsés.
Elle courut, tomba, se releva et courut une nouvelle fois. Elle s'enferma chez elle et se laissa glisser le long de la porte. Ne retenant pas ou plutôt ne retenant plus les larmes qui coulaient.

Elle ne pouvait pas, pas comme ça, pas ici et surtout pas maintenant aimer quelqu'un. Et pourtant, elle s'était retenue. Elle avait pensée en avoir assez fait dans les relations amoureuses.

Malheureusement son coeur arrivait encore à se serrer, à lui faire mal, à n'en plus dormir le soir. Ces images qui la hantaient depuis, elle ne pouvait pas oublier ça.
Elle n'arrivait plus... alors elle baissa les bras et se laissa envahir. Elle écouta les battements incessants de son coeur, les gémissements qu'elle essayait d'étouffer et les larmes qui tombaient sur le sol.

Elle se souvint de chaque geste, chaque souffle, chaque pas ...
Cela lui crevait le coeur et l'apaisait en même temps.
C'était comme si elle voulait s'assurer que ce n'était pas un rêve, comme pour s'assurer qu'elle n'avait pas fait le mauvais choix.

Elle se releva difficilement. Son corps engourdi par la position qu'elle avait gardé un certain temps, elle monta les marches de son escalier sans vraiment sans rendre compte. Elle alla dans sa chambre et se laissa tomber lourdement sur son lit. Elle prit son oreiller et le serra autant qu'elle pouvait contre elle. Elle pensait que jusqu'à présent elle avait toujours su se contrôler... « Alors pourquoi maintenant je ne peux plus le faire ? » dit-elle à voix haute.

Elle connaissait la réponse et cela la fit rire. Elle n'en pouvait plus, elle riait a gorge déployée n'arrivant plus a s'arrêter. Des larmes coulant une nouvelle fois sur ses joues alors que sa respiration se fit plus difficile, elle courut dans sa salle de bain et s'aspergea d'eau.

Elle se laissa encore une fois tomber, se retenant quand même à l'évier. Elle respirait difficilement et du attendre une dizaine de minutes avant que sa respiration s'apaise.
Elle se releva, retourna dans sa chambre et fouilla dans son armoire à la recherche d'une veste. Elle en prit une au hasard, descendit au salon et enfila des baskets.
Elle sortit en courant de chez elle sans trop savoir ou elle allait. Elle avait juste besoin de dépenser toute l'énergie qu'elle avait pour ensuite dormir à poings fermés.

Elle fit plusieurs fois le tour du quartier. Elle était essoufflée mais elle continua quand même. Elle prit un petit chemin qui la menait directement au parc qui se trouvait non loin de chez elle, peut-être à une vingtaine de minutes.
Quand elle y arriva, une bande d'ados jouaient au football. Elle fit rapidement le tour du petit étang et reprit le sentier qui l'avait mené jusqu'ici dans le sens inverse. En chemin elle vit un couple s'embrasser. Tournant la tête de gène, elle se mordit violemment la lèvre inférieure.

Aucune Image. Elle n'en voulait pas. Elle préférait encore plus se torturer que revivre une nouvelle fois une scène qu'elle détestait de plus en plus.
Dans sa jeunesse elle avait toujours été comme ça, elle se faisait énormément de mal. Ses parents prirent peur et la firent voir un psychologue. Malheureusement, son «médecin» ne lui avait servit à rien et ses parents avaient dépensés une somme très considérable pour rien du tout.
Ils lui en voulurent beaucoup, non pas parce qu'ils avaient dépensés cette somme non, juste parce qu'à leurs yeux, elle n'était pas « normale ».

Le jour où ils apprirent son homosexualité ils l'envoyèrent dans un hôpital pensant peut-être que cela allait la soigner et la rendre encore une fois « normale ». A ce moment là, elle avait comprit que ses parents ne l'aimaient pas. Ce qu'ils aimaient eux, c'était tout simplement leur nom.
Elle avait commencé à se mutiler à divers endroit et un jour, elle s'intéressa à la mort ... et à la vie. Et là, ce fût la première et la dernière fois qu'elle attenta à sa vie. La correction qu'elle avait reçue, elle pouvait en être certaine, elle ne l'oublierait jamais. Aujourd'hui encore, elle en avait des séquelles.

Le temps se rafraîchissait. Elle avisa un café à cent mètres d'elle et courut pour y entrer.
Il y avait peu de monde. Une vieille dame était assise dans le fond, seule à tricoter et un jeune homme était entrain de taper sur son laptop sans se soucier de se qui l'entourait. Le café était très grand, il y avait des tables un peu partout dans la salle, les murs étaient peints d'un rouge-bordeau et cella rendait le lieu chaleureux. Elle ne s'attarda pas plus et se dirigea rapidement devant le jeune homme qui se trouvait derrière le comptoir.

« - Bonjour, que puis-je pour vous ? Fit le garçon en lui souriant.
- Bonjour, lui répondit Keiko, hm j'aimerais un café s'il vous plait.
- avec ou sans lait ? demanda t'il.
- sans. »

Elle prit un des tabourets et s'y assit. Elle remarqua alors que la vielle femme et le jeune homme avaient quittés les lieus.
« - C'est bientôt la fermeture ! » s'exclama le garçon se doutant qu'elle allait lui poser la question, mais Keiko n'en n'avait rien à faire.
Elle poussa un gros soupir et attendit patiemment que le jeune homme lui donne enfin sa boisson.
Celui-ci fit mine de laver un verre, cependant il la détaillait du coin de l'½il. A première vue pensa t'il, on venait de la quitter.

« Ca va ? » demanda-t-il d'une manière désinvolte.
Elle sourie, puis répondit que ça allait.
« Mais bien sur... » Pensa-t-elle.
Gêné, le garçon se racla la gorge et lui dit en souriant.
« Vous savez, ce n'est pas dans mes habitudes de me mêler de la vie des autres, mais ... » il était tellement gêné qu'il n'osait pas la regarder dans les yeux.
Elle le regarda, sourie et finalement fut prise d'un fou rire en voyant sa mine déconfite et le rouge qui ornait ses joues.
Il l'observa et une douce chaleur se propagea dans son ventre.

« - Hm, allez savoir pourquoi, mais vous m'êtes très sympathique, fit elle en enlevant sa veste.
- Ah ... et bien merci, répondit-il en lui tournant le dos.
- Mais de rien ! Et pour répondre a votre question, ça va ! fit elle du mieux qu'elle pu
- Euh...si c'est ça votre tête quand ça va, alors j'imagine mal quand ça ne l'est pas.
- Je ne vois pas trop pourquoi je raconterais ma vie à un inconnu, dit elle en souriant.
- Peut-être parce que c'est plus facile ?! Rétorqua t-il en lui donnant son café. »

Elle prit la tasse qu'il lui tendit et bu une gorgée. Immédiatement, elle se sentit mieux. La chaleur prenait place dans son corps.
Enfin, les mots vinrent, comme si ils n'avaient attendu que ça. Elle ne se retenait pas et ne cherchait même pas ses mots. Le jeune homme l'écouta tout en nettoyant le comptoir et en rangeant les muffins. De temps en temps, il hochait la tête pour acquiescer ce qu'elle disait.

Elle lui raconta tout, depuis son début au lycée jusqu'à la journée d'aujourd'hui.
Il ne l'arrêta pas une seule fois, la laissant parler. Soudain elle s'interrompit. Il releva les yeux et eut l'impression qu'il ne voyait qu'une petite fille. Elle avait les larmes aux yeux et le regard vide.

Elle se remit à parler, décrivant le physique de celle qu'elle aimait et ses qualités et défauts.
Le jeune homme l'écouta, toujours sans la couper. Tantôt joyeuse, tantôt triste, son ton et son comportement changeaient à chaque énumération des moments qu'elle avait passée avec la jeune fille.

Dix minutes, une heure ou deux peut être, elle ne savait pas combien de temps elle avait parlé mais elle se sentait bien. C'était comme si tout le poids qui pesait sur son épaule c'était envolé d'un coup comme par magie. Elle vida d'une traite la tasse de café, paya et salua le jeune homme. Elle s'arrêta, revint sur ses pas, l'embrassa sur la joue, chuchota un « merci » puis s'en alla finalement.

Elle ne savait pas ce qui l'avait poussée à se dévoiler ainsi mais même si cela était peut-être stupide, elle se sentait mieux et c'est tout ce qui comptait. Elle prit les outils de jardinage qu'elle avait laissé dehors et les rangea dans le garage avant de rentrer chez elle et de courir dans la salle de bain.
De son côté, le serveur attendait son bus en fumant tranquillement une cigarette, un sourire sur les lèvres.


« Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Yamata Keiko, je ne suis pas là pour le moment, laissez moi un message et je vous rappellerai ultérieurement. »

« - Yamata !! Sensei, c'est Kyoto à l'appareil, une de vos élèves ne pourra pas assister aux cours pendant un certain temps, elle vient d'avoir un accident de voiture et les médecins ne savent pas encore si elle va s'en sortir. Essayez de me rappeler demain matin avant de venir en cours que je puisse vous donner le nom de l'élève. »

L'alerte du répondeur clignotait rouge cependant cela n'attira pas son attention.Elle se sécha les cheveux, enfila rapidement son pyjama et se coucha sans se douter de se qui l'attendait le lendemain.

# Posté le dimanche 01 juillet 2007 07:02

Modifié le dimanche 01 juillet 2007 07:12